Oui je sais… Je suis restée quelques temps sans poster, mais c’est que le planning était drôlement chargé, aussi !
Mais ça y est, notre déménagement est terminé ! Ça n’a pas forcément été facile de déménager à sept mois de grossesse, mais à présent que c’est fait, je ne regrette rien ! :) Nous voici installés dans un bien bel appartement, au calme, avec beaucoup d’espace !
Et puis surtout, une bien jolie cuisine, qui me redonne enfin envie de faire tout plein de trucs !
En emménageant ici, j’ai appris avec beaucoup d’excitation qu’un marché bio se tenait tous les mercredis dans mon nouveau quartier, juste à quelques pas de chez moi.
Le premier mercredi qui a suivi notre installation, on avait bien trop la tête dans les cartons pour s’en préoccuper, mais ce matin, je me suis empressée d’aller voir à quoi ressemblait ce fameux marché.
Bon, en termes de marché, c’est davantage en réalité un grand étal tenu par un unique producteur. Mais je ne me plains pas : son exploitation agricole se trouve sur les collines non loin d’ici, toute sa production est locale, et son étal est fort bien achalandé de produits de saison tous plus beaux les uns que les autres.
D’ailleurs, aujourd’hui, il avait notamment de très belles fleurs de courgettes (avec leurs tiges !)

Je vous en ai déjà parlé, vous savez qu’à Nice cette fleur fait nos délices, cuisinée en beignets que l’on consomme habituellement en apéritif ou en entrée.
Il y a quelques temps déjà, je m’étais essayée à la confection de ces beignets que réussissait si bien ma grand mère, mais j’ai voulu innover cette fois-ci avec une recette différente de pâte à beignet qui m’a été transmise récemment par mon papa. Extrêmement légère, cette pâte est parfaite pour des beignets croustillants, aériens et digestes.

Ingrédients :
20 fleurs de courgettes (ou plus)
une canette de 33 cl de bière
un verre de farine
2 blancs œufs battus en neige TRES FERME
sel, poivre
Réalisation :
Faire chauffer un peu d’huile d’olive dans une grande poêle anti-adhésive.
Mélanger la farine et la bière dans un grand saladier.

Y ajouter les blancs d’œufs en neige TRES FERME (oui, j’insiste). Mélanger doucement.

On obtient une crème mousseuse. Assaisonner à son goût.

Tremper généreusement les fleurs dans la pâte à beignet, et les déposer avec précaution dans l’huile chaude.

Les faire dorer des deux côtés, et égoutter sur du papier absorbant.

C’est prêt ! Déguster aussitôt.

Note : pour ce qui concerne la préparation des fleurs, certains aiment les passer sous l’eau pour retirer la terre qu’elles contiendraient éventuellement, et les rincer de possibles pesticides. D’autres retirent le pistil, la tige, etc. Je ne fais rien de tout cela, mais chacun fait comme il veut, il n’y a aucune règle ! :)
Une très gentille lectrice prénommée Hélène m’a interrogée dans un mail sur le comment du pourquoi de ma pratique du japonais, et comment j’en étais venue à ‘bien parler’ cette langue.
Cela m’a donné envie d’en parler un peu, et d’échanger à ce sujet avec ceux de mes lecteurs qui étudient le japonais (je suis sûre qu’il y en a), ou qui ont l’intention de le faire, pour savoir comment eux vivent (ou ont vécu) leur apprentissage.
Tout d’abord je voudrais remettre les choses à leur place : je ne maitrise pas la langue (loin de là), mais lâchée toute seule dans le pays je me débrouille sans souci. Et croyez-moi, la nuance est ENORME.
Le japonais, j’ai commencé à l’étudier à une période de ma vie (il y a environ 3 ans) où ça n’allait pas trop. Un peu long à raconter (et un peu personnel aussi), mais c’était juste avant que je me sépare de mon ex-compagnon, et ma vie à l’époque me paraissait d’un vide exrêmement déprimant.
Pour compenser (je crois), je me suis jetée dans l’apprentissage de la langue avec fougue. Mais vraiment, le terme n’est pas trop fort. J’étudiais avec une application infinie environ 3 heures pleines par jour, tous les jours même les week-ends. Je passais bon nombre de mes pauses au boulot (voire de mon temps de travail, autant le dire), à me fabriquer des anti-sèches (et donc à réviser), de mes soirées à écouter des anime pour l’oral (grossière erreur, mais c’était le seul media dont je disposais à l’époque), etc.
Pou r être honnête, j’ai toujours eu beaucoup de facilité avec les langues, donc j’y ai vraiment pris beaucoup de plaisir. Tout dans cette langue me fascinait, me ravissait continuellement. La facilité déconcertante avec laquelle j’ai appris les kana et les kanji de base les uns après les autres, avec laquelle j’assimilais les règles de grammaire, le vocabulaire nouveau et toutes les déclinaisons de conjugaison me remplissaient d’euphorie jour après jour. Et pendant une année toute entière, je n’ai fait que cela. Ma motivation était en béton, je progressais tous les jours, c’était génial, ça me donnait l’impression de me sentir vivante à nouveau !
Puis il s’est passé d’autres trucs importants dans ma vie et j’ai fini par partir au Japon, seule en immersion totale pendant un mois. Si l’expérience fut absolument indescriptible et merveilleuse sur le plan humain, sur le plan linguistique j’en garde des souvenirs beaucoup plus ambivalents.
Ce que je veux dire, c’est que pour n’importe quelle autre langue, en ayant étudié 4-5 heures par jour toute une année, 7 jours sur 7, au bout d’un an je serais, j’en suis absolument certaine, arrivée à un niveau de maitrise presque parfait.
D’ailleurs, quand je suis partie, j’étais persuadée que, sans être non plus bilingue (je n’aurais jamais eu l’outrecuidance de croire une telle chose) mon niveau était déjà très bon. J’étais capable de suivre (et de comprendre) un anime sans aucun sous-titre, de lire sans peine des textes simples et tous mes manga en VO, etc. Je suis donc partie très confiante.
Et il est vrai, je dois en convenir, que mon expérience japonaise a été littéralement sublimée par le fait que je connaissais la langue.
J’ai été capable de me faire comprendre sans effort, de discuter à la bonne franquette avec des clients dans des restos, avec les dames à l’onsen, avec les vieilles touristes dans les enceintes des temples bouddhistes et des sanctuaires shinto que je visitais, de lire l’entièreté des menus au resto, de demander mon chemin dans la rue, de chanter en japonais des nuits entières au karaoke sans aucun souci de lecture des textes à l’écran, etc. Les quelques français avec lesquels je sortais parfois (parmi lesquels mon amoureux actuel - et oui, nous nous sommes rencontrés au Japon !) avaient d’ailleurs fait de moi leur interprète, et ils pourront confirmer tout ça.
Mais à côté de ça…
Pas plus tard que 5 minutes après mon arrivée, je me suis heurtée de plein fouet au fossé énorme qui existait entre ce que je pensais maitriser de la langue, et l’effroyable complexité de cette dernière. J’ai très vite compris que pour être vraiment capable d’une maitrise véritable, tangible, il me faudrait travailler comme je l’ai fait non pas une, mais au moins cinq voire sept années durant.
Le fait d’écouter des anime, notamment, m’avait donné une perception complètement faussée du japonais oral tel qu’il est en réalité pratiqué au Japon par le commun des mortels. Car personne, mais personne au Japon ne parlera jamais un japonais aussi informel à son prochain (à moins d’être son frère, sa soeur, son supérieur absolu, ou sa meilleure amie - et encore).
Alors attention, je ne renie pas pour autant tout ce que le fait d’écouter des anime a pu m’apporter sur le plan de la prononciation des sons japonais, sur le plan de la phonétique, donc. Comme je fonctionne essentiellement à l’oreille lorsque j’étudie une langue, ce media m’a été très utile pour capter et assimiler les sons. Et en toute sincérité, je pense y être bien arrivée. Je me suis fait au Japon deux amies japonaises francophiles avec lesquelles nous ne parlions que français, elles ne m’avaient donc jamais entendu parler japonais. Je me souviens qu’au lendemain d’une soirée passée ensemble au karaoke, elles m’ont posé tout un tas de questions sur mes méthodes d’apprentissage de la langue. Intriguée, j’ai fini par leur demander le pourquoi de toutes ces questions, elles m’ont alors expliqué très sérieusement avoir été tout à fait bluffées par ma prononciation de la langue, et ont ajouté que rien n’aurait pu me différencier d’un ou d’une native. Il y a donc quand même du bon à prendre partout, même dans le pire.
Il n’en reste pas moins que de tout ce que j’ai pu entendre une fois sur place (et notamment dans les conversations de tous les jours entre japonais au konbini, dans le bus ou le métro), tout, de la grammaire, la syntaxe, le vocabulaire et jusqu’à l’intonation, est différent du japonais usité dans les manga et dans les anime. En arrivant, j’ai eu l’impression de me voir confrontée à une autre langue, c’est aussi simple que ça.
Si j’ai pu m’en sortir sans être larguée, c’est uniquement grâce à mes autres supports de cours, qui eux m’avaient enseigné un japonais neutre et formel. Formel, oui… mais ni trop, ni trop peu.
Et justement, là aussi…. je ne pensais pas que fut à ce point, mais le japonais très formel est beaucoup employé au Japon. En étant étranger là bas, on est bien souvent un client, un visiteur, beaucoup plus qu’une simple et cordiale relation. Donc un très-supérieur, vis-à-vis de son interlocuteur. Et ce rapport de supériorité-infériorité impacte naturellement le niveau de langue. C’est à cela que sert le Keigo (japonais honorifique). Ah vi mais zut, c’est que je l’avais un peu laissé de côté moi, le keigo. Bah bravo, accroche-toi pour comprendre avec fluidité ce que te dit dans un japonais ampoulé le monsieur au guichet de la gare, la vendeuse de la boutique de vêtements, le propriétaire du petit resto, la vieille dame de l’échoppe de takoyaki, etc.
Le bilan de tout ça ?
Un énorme choc suivi d’un blocage véritable, pour moi. Après mon retour je n’ai jamais pu me remettre à étudier comme avant. J’ai continué sur un rythme plus léger, puis de moins en moins souvent…
Et encore maintenant, en tentant d’analyser cette réaction pour le moins étonnante, je ne trouve pas d’explication valide. Est-ce du dégoût ? Je suis 100% sûre que non, parce que cette langue me séduit et m’ensorcèle toujours autant qu’avant. En revenant, j’ai découvert avec ravissement que les drama étaient un média formidablement plus intéressant que les anime pour travailler la compréhension orale, et j’aime toujours à entendre parler japonais dans la maison, et à me rendre compte que ma foi, je comprends toujours très bien la plupart de tout ce qui se dit. J’aime à chanter en japonais, à me parler en japonais à moi toute seule (ou à mes chats XD), à communiquer en japonais avec mes amies japonaises sur facebook, et à étudier ou à lire en VO avec mon amoureux…
Alors je ne sais pas… du découragement peut-être ? Réaction étrange, car au contraire, la facilité avec laquelle j’ai pu lier des conversations suivies avec des inconnus au Japon et les nombreuses félicitations sincères que j’ai reçues là-bas, le tout en ayant étudié en tout et pour tout qu’une seule année, auraient du en toute logique me motiver à continuer de plus belle, pourtant.
Mais à bien y réfléchir, je pense quand même que oui, il s’agit bien de découragement. Et c’est sûrement à cause de cette manie détestable chez moi de constamment vouloir exceller dans les choses que j’aime ou qui me tiennent à coeur. Toujours tout faire parfaitement, sans jamais tolérer l’erreur… Quand j’ai commencé à apprendre l’anglais, je n’étais encore qu’une toute petite fille mais presque immédiatement, bon but a été d’être bilingue, et je me suis donné tous les moyens pour y parvenir. Alors oui, en regardant les choses en face, peut-être ai-je juste été victime d’un formidable découragement face à la découverte de l’immense complexité de cette langue, et à la charge de travail que, malgré une réelle facilité avec les langues étrangères, il me faudrait fournir pour être un jour capable d’obtenir un niveau satisfaisant à *mes* yeux.
J’avais mis tout ça noir sur blanc en ayant l’intention d’écrire une réponse à la question d’Hélène mais en fait, je trouve plus judicieux de le poster ici, d’abord parceque je trouverais formidablement enrichissant de pouvoir échanger à ce sujet avec mes lecteurs linguistes, mais aussi parce que cela correspond à un cheminement d’idées que je nourris depuis un certain temps déjà.
La seconde moitié de l’année 2007 a été marquée par de gros changements dans ma vie, en 2008 je n’ai guère eu le temps de me poser et de penser car tout dans mon quotidien a été très vite, mais depuis que j’ai repris le sport au début de ma grossesse et que suis obligée d’y aller mollo sur les exercices que je fais, j’ai le temps de cogiter pendant une heure tous les midis. Et ces derniers temps j’ai justement beaucoup pensé à ça.
Et je me disais que c’était con, parce qu’une langue, c’est comme n’importe quel acquis, si on ne la travaille pas… elle finit par partir. Et ça, je n’ai pas envie. Ce serait réduire à néant mes efforts de toute une année.
Et puis, c’est peut-être débile, mais en moi je garde toujours cet espoir qu’un jour, mon amoureux, notre bébé et moi nous partirons là-bas.
Alors je vais me donner un bon coup de pieds aux fesses et c’est décidé : à partir de mon congé mat je me remets à étudier. Pas comme avant, non, mais au moins une heure par jour, tous les jours même le week-end. Du moins jusqu’à ce que le bébé arrive. :)
- Edit -
Et je viens de voir que ceci était mon 200ème post. Ca se fête ! \o/
*dépoussière un peu*
Roh làlà, déjà tout ce temps passé sans poster…
En tout premier lieu, je voudrais dire un grand merci à tous mes lecteurs qui sont venus prendre des nouvelles régulièrement, ainsi qu’à tous ceux et celles qui se sont inquiétés….
Bah vi, c’est sûr, ça fait un bon bout de temps que je n’ai pas mis à jour quand même, je comprends que vous vous soyez fait du souci, et j’en suis vraiment désolée… *v_v*
Il y a plusieurs raisons à cette longue absence, je m’en vais vous les expliquer.
Tout d’abord rassurez-vous, ma passion très forte pour la culture japonaise est toujours bien là, sur ce plan-là rien n’a changé.
Mais le fait est que, pour des raisons que je vous exposerai en détail plus bas, j’ai du me calmer sérieusement sur les dépenses ces temps derniers, et j’ai donc limité mes raids au supermarché asiatique (entre autres).
Or le thème principal de ce blog reste le Japon, sa culture et notamment sa gastronomie. Mais justement, il se trouve que depuis quelques temps, mon esprit embrumé est occupé par quelque chose d’autre…
“Fichtre, mais que se passe-t’il donc ??” vous entends-je tous murmurer (ou pas. Mais tant pis, je vais quand même vous le dire).
Rappelez-vous : en décembre, je vous annonçais une surprise. Et j’ajoutais que je vous parlerais de cette surprise en janvier si vous étiez bien sages. (bon d’accord, force est de constater que le délai est légèrement dépassé *w*;;)
Eh bien voilà, le moment est venu de vous parler du Petit Poufinou.
Je vais donc faire les présentations :

Chers lecteurs, je vous présente donc le petit diablotin qui a débarqué par surprise dans nos cœurs et dans nos vies, et qui a décidé d’élire domicile dans mon ventre pour 9 mois.
Eh oui, vous l’avez tous compris, je suis enceinte ! :) De 6 mois tout juste demain. Cela explique déjà pas mal de choses : j’ai été bien fatiguée, et je dois dire aussi que j’ai souffert de grosses nausées au début de ma grossesse ; pas facile de tenir un blog culinaire quand la moindre odeur de nourriture vous soulève le cœur ! :P
Et puis l’arrivée d’un bébé - surtout quand elle prend au dépourvu les deux parents - ça se prépare, ça s’anticipe en profondeur. Le fait est que le futur papa et moi avons eu *beaucoup* de choses à régler en urgence, et tout n’a pas été facile pour nous, loin de là.
Enfin, et surtout, je voulais attendre d’avoir annoncé la nouvelle à tous nos amis avant d’en parler sur ce blog. C’est en partie chose faite, puisque tous sont au courant à présent… sauf un (et pas des moindres).
On ne voulait pas lui annoncer la nouvelle par e-mail, alors on a attendu longtemps, longtemps de pouvoir lui parler en direct, j’ai même eu l’espoir fou de le voir de visu à l’anniversaire d’un ami commun il n’y a pas longtemps, mais rien à faire… T_T il semble être dans l’une de ses périodes d’autruchage, alors… tant pis, il l’apprendra ici avec vous tous, s’il lit (on est désolés Katounet ! Ce ne sera pas faute d’avoir essayé, tu sais…)
Alors je tiens à vous rassurer tout de suite, mes chers lecteurs : je continuerai à poster sur o-cha aussi régulièrement que possible, et surtout, mon cher petit blog japanophile ne va pas virer au blog de maternité niaiseux juste parce que je suis enceinte.
Non, car pour ça j’ai créé un autre blog (qui, je tiens à le préciser, n’est pas non plus rempli de petits cœurs, de gifs de mauvais goût et de mièvrerie dégoulinante, mais qui est effectivement uniquement dédié à cette aventure riche en émotions qu’est la maternité) et je m’y investis beaucoup.
J’y raconte notamment mes découvertes au jour le jour (parce que si une première grossesse est toujours une expérience extrêmement riche en découvertes, alors une grossesse non planifiée, quand on est l’un et l’autre deux néophytes complets et qu’on a plus eu aucun enfant à pouponner dans nos familles respectives depuis des lustres, je ne vous raconte même pas !), mon approche d’une maternité et d’un accouchement orientés nature et bio, mes recours au système D pour s’équiper puisqu’on est loin de rouler sur l’or.
Et puis plus tard, quand débutera mon congé maternité et que j’aurai un peu plus de temps, je compte bien m’intéresser de près à un parentage respectueux tant de la nature même de l’enfant que de l’environnement, et de ce que nous allons essayons de faire pour respecter au mieux nos convictions en la matière (allaitement, couches lavables, écharpe de portage, trucs fabriqués maison, maternage de proximité, éducation non-violente, etc).
Par contre, ce blog extrêmement personnel est rigoureusement protégé par mot de passe, je tiens à en filtrer l’accès et ne souhaite surtout pas que n’importe quel internaute passant là par hasard puisse le consulter. S’il y en a parmi vous que sa lecture intéresse, faites-le moi savoir par le biais d’un petit mail (formulaire de contact) ou bien d’un commentaire, et je vous donnerai bien volontiers les accès en privé (à condition naturellement qu’ils ne soient jamais communiqués à des tiers).
A très bientôt donc ! :)
Comme mentionné dans ma note relative à Sainte Lucie, nous avons eu la chance lors de notre séjour en Suède d’être hébergé par des hôtes extrêmement attachés aux traditions suédoises, notamment les traditions culinaires. Nous avons donc pu confectionner avec eux les fameux lussebullar, brioches suédoises au safran.
En Suède elles sont connues sous plusieurs noms différents : lussebulle, saffronskuse, julkuse, ou encore lussekatt (les “chats de Lucie”, comme on les surnomme souvent).
A l’origine, le terme “lussekatt” (chat de Lucie) n’avait rien à voir avec Lucie elle-même, c’était en réalité une référence au diable (Lucifer) qui provient d’une tradition germanique remontant au 17ème siècle. Le diable, sous la forme d’un chat, venait distribuer des fessées aux enfants alors que Jésus (sous la forme d’un enfant) distribuait quant à lui des brioches aux gentils bambins. La jolie couleur chaude des brioches était censée conjurer les ténèbres maléfiques.
Les lussebullar sont apparus pour la première fois en Suède vers la fin du 17ème siècle, et dès 1800 (soit plus ou moins le moment où Sainte Lucie commença a être célébrée en Suède) la tradition s’était déjà propagée à travers tout le pays.
Ces petites brioches font l’objet d’une tradition culinaire fermement ancrée dans la culture suédoise liée à l’avent. En effet, c’est lors de cette période qu’on les déguste traditionnellement, et plus particulièrement le jour de la Sainte Lucie (le 13 décembre), accompagné d’une bonne tasse de glögg et de quelques pepparkakor.
Avec leurs formes rondes aux tons chauds et leur subtil arôme de safran, les lussebullar sont intimement liés aux célébrations de la Sainte Lucie. D’ailleurs tous les suédois pâtissiers-amateurs savent qu’en période Sainte Lucie, il est plus prudent de se procurer du safran un peu à l’avance, car au fur et à mesure que la date se rapproche, les gens se ruent sur les stocks des supermarchés (tant et si bien que les précieux sachets sont soigneusement consignés près des caissières, dans des tiroirs protégés) !

Recette des Lussebullar :
125gr de beurre
3 dl de lait
un sachet de safran en pistils
50 gr de levure de boulanger
1,5 dl de sucre
7 dl de farine
2 œufs
sel
raisins secs
Faire ramollir le beurre et ajouter le lait. Faire une pâte en ajoutant le sucre, un œuf, le safran, la farine et une pincée de sel. Laisser reposer au minimum 30 min.

Découper de petits pâtons de la taille d’un poing, et modeler les brioches en confectionnant des boudins d’environ 15 cm de long, qu’il faudra ensuite rouler en forme de S.


Placer un raisin sec dans chaque boucle du S. Avant de les mettre au four, ne pas oublier de badigeonner les lussebullar avec un œuf battu pour leur donner leur beau lustre !

Faire cuire à 200° pendant environ 15 min.

On peut donner aux lussebullar une infinité de formes et de motifs, en inventer de nouveaux à chaque nouvelle fournée fait d’ailleurs partie du jeu lorsqu’on les confectionne avec de jeunes enfants (ce qui était notre cas). Mais la plus populaire reste la forme en S, qui rappelle dit-on la silhouette d’un chat endormi.

Joyeux Noël à tous !

Je vous souhaite la plus douce et la plus jolie des veillées de Noël, entourés de tous ceux qui vous sont chers. :)
Ah oui, un dernier petit mot avant de partir.
Pour ceux qui n’auraient pas encore fait leurs courses pour le repas de noël (ou bien, si vous les avez déjà faites, pour celles du réveillon de la St Sylvestre), je vous conseille d’aller jeter un petit coup d’œil à cet excellent article de Florence Burgat, Directeur de Recherche à l’INRA.
J’essaie au maximum lors de la rédaction de mon blog de passer sous silence mes convictions afin de ne pas me poser en donneuse de leçons vis-à-vis de mes lecteurs “omnivores”, j’ai tout à fait conscience du fait qu’après tout, chacun est libre d’agir à sa guise en terme d’alimentation.
D’ailleurs, j’ai bien peur d’en voir à table ce soir (je suis invitée hors de chez moi et par conséquent pas du tout libre du choix du menu ~~).
Simplement, je tiens à dire ici que pour ce qui me concerne, il est évident que, comme depuis déjà plus de huit ans (et cette année encore mille fois plus que les autres), je n’en mangerai pas. Et j’aime autant vous dire que moi vivante, jamais cette merde ne franchira le seuil de ma porte.
Désolée, je ne pouvais pas partir réveillonner sans ce petit mot militant. C’est plus fort que moi. Bon et puis ça va hein, je ne suis pas la seule ! :P



