Je vous en parlais récemment, le tout premier atelier de cuisine donné par mon amie Maho a eu lieu le 11 juillet dernier.
Au programme de ce premier atelier :
Maho a enseigné comment préparer, laver et cuire le riz à la façon traditionnelle japonaise, puis les participants ont enchaîné sur la confection de tamagoyaki, korokke aux légumes, et petits fagots de haricots verts au jambon.
Avec toutes ces merveilles faites par leurs mains, ils ont ensuite pu assembler leur propre bentô, en laissant libre cours à leur imagination pour le design !
Maho m’avait conviée pour que je prenne quelques photos. J’ai donc pu rencontrer les 4 participants, tous lecteurs d’ocha, c’était vraiment très chouette ! Merci à Maho pour son invitatin, et merci encore à chacun d’entre vous pour ces trois heures de plaisir et de bonne humeur !
Je vous laisse découvrir quelques photos.
Confection de tamagoyaki
Confection des korokke
Design et réalisation des bentô
Le feed back a été extrêmement positif, tout le monde a adoré !
Si vous vous trouvez sur Nice ou ses environs et qu’assister à un de ces ateliers vous intéresse, sachez que le prochain atelier de Maho se tiendront aux dates suivantes :
Le dimanche 24 juillet de 14h à 17h. Thème : le miso. Tarif : 15 euros tout compris.
Le dimanche 31 juillet de 14h à 17h. Thème non décidé pour l’instant. Tarif : 15 euros tout compris.
Attention, le nombre maximum de participants pour ces ateliers est fixé à 5 personnes.
Pour vous inscrire, écrivez-moi à ochatowagashi@free.fr, sur la page facebook du blog, ou laissez un commentaire sous cette note en mentionnant votre e-mail afin que je puisse vous communiquer en privé les coordonnées de Maho.
Partager
L’an dernier à la même époque, j’étais aux prises avec un casse-tête on ne peut plus épineux.
Mon petit garçon allait bientôt fêter son premier anniversaire. En tant que mama-gâteau, il était évident que je n’allais pas lui acheter un gateau tout fait, ça non alors. Mais quel gâteau lui faire ?
J’avais recherché des images de gâteaux d’anniversaire sur google, j’avais fait une petite sélection, et j’étais gentiment partie pour lui confectionner un gâteau train, ou un gâteau chat, et j’étais toute contente de moi pour ces sympathiques trouvailles :
(source)
(source)
Je fis alors part de mes heureux projets sur facebook. Et là, ce fut le drame.
Le choix – cornélien – du gâteau d’anniversaire de Pitibouli mobilisa tout le monde et la famille monta au créneau. Ma soeur en particulier s’insurgea. « Quoi ? Mais ces gateaux de débutants c’était bon pour les ateliers cuisine du cours de CP de Madame Michu ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Tu peux faire mieux que ça, nonmého !! »
Pour les 1 an de Pitibouli, il fallait marquer le coup avec un gâteau au top, me dit-elle.
Heu, ok. Au top comment ? Parce que moi je les trouvais plutôt chouettes, ces gateaux.
Elle fit une rapide recherche sur Google, et me montra ni plus ni moins que ça :
… mais bien sûr, oui.
Bon. Il n’y a rien qu’une maman ne ferait pas pour son tout petit, n’est-ce pas ?
J’ai farfouillé deci-delà, c’est ainsi que j’ai découvert le cake design (décoration de gâteaux). Je me suis jetée dedans avec l’enthousiasme échevelé d’un jeune chercheur en biologie sur une culture de virus vivants. J’ai appris comment faire de la pâte à sucre maison, comment la conserver. J’ai appris les techniques, comment poser la pâte sur le gâteau, les choses à faire, à ne pas faire. Et surtout, se procurer les outils indispensables dans LA bonne boutique, l’une des rares à associer un large choix avec des prix intéressants. Tout ça grâce aux bons forums, et à des blogs de qualité :
http://decorationgateau.canalblog.com/
http://arquencielle.canalblog.com/
http://www.beatrizbelliard.com/
http://gateaudefete.canalblog.com
http://www.lalettregourmande.com
qui sont à la fois une mine de conseils et d’inspiration et source toujours renouvelée d’émerveillement.
Avant d’attaquer la décoration du gâteau le jour J, je me suis lancée dans quelques essais de génoise, crèmes, ce genre de trucs. Parce que bon, un joli gâteau c’est bien chouette, mais encore faut-il qu’il soit bon aussi !
Puis, le jour venu, à l’issue d’une journée entière de travail, je suis arrivée à ça.
Très objectivement, je sais qu’il est loin d’arriver à la cheville du modèle, hein ! :D
L’étage du haut notamment fut une vraie galère à décorer, la PAS était trop sèche, trop fine, elle a fendillé, craquelé; et j’ai du avoir recours à ces gros nounours pour cacher les dégâts. Mais c’était mon tout premier essai de déco en pâte à sucre et dans l’ensemble, j’étais pas fâchée du résultat, et même plutôt fière de moi !
Ensuite, j’ai retenté l’expérience pour mon anniversaire en octobre :
Et celui-là était déjà plus réussi, à mon sens.
Bon, si je vous parle de tout ça, c’est parce que mon petit garçon va avoir 2 ans dans 2 semaines, et que cette année, le thème de sa déco d’anniversaire (et donc de son gateau) sera Tonari no Totoro.
Totoro, c’est son idole absolue. Je ne me souviens plus précisément, mais je le soupçonne d’avoir su dire « Totolooooooo » avant même de dire Maman. On chante sa chanson lorsqu’on se promène. Totoro est dans sa chambre, Totoro est dans *notre* chambre, Totoro est sur le petit sac qu’il porte quand il sort, mais Totoro est surtout, très souvent, dans notre salon sur l’écran de notre télévision.
Alors souvent, autour de moi je vois des mamans confectionner des gâteaux cars pour leur petit, mais moi quand il a fallu déterminer quel univers lui ferait vraiment plaisir, je n’ai pas eu à chercher si loin.
Je sais que tout comme lui, beaucoup d’entre vous êtes fans de cette gentille créature poilue, alors je pense que ça va être sympa de partager ça avec vous.
J’ai, une fois encore, farfouillé sur le Net à la recherche de pistes, et j’ai trouvé des trucs fous que je voulais vous montrer (je n’ai pas pensé à chaque fois à noter les sources, je vais essayer de les retrouver au fur et à mesure).
(source)
Pour ma part, je pense que je vais m’en tenir à un mix de ça :
(source)
et de ça :
(source)
Les totoro sur ces gâteaux sont modelés en pâte à sucre, mais pour ma part (petite joueuse), je n’ai pas du tout l’intention de m’y essayer. CERTES, le résultat eût pu être drôle (hein, avouez), mais l’idée de gâcher toute cette pâte à sucre me déprimait. J’ai préféré utiliser des figurines, qu’il pourra garder par la suite.
J’ai donc trouvé ces figurines Totoro en bois, achetées à tout petit prix sur Etsy :
(ici)
Voilà, dans 2 semaines je vais donc me remettre aux fourneaux, en cuisine pour toute une journée, pour confectionner un deuxième gateau de rêve.
J’ai d’ores et déjà commandé ce dont j’avais besoin auprès de The Cake Shop.
Plusieurs couleurs de pâte à sucre, des emporte-pièces (feuilles, papillon, fleurs), et divers outils de modelage de pâte à sucre.
Ce week-end nous avions des invités, le gateau que j’ai réalisé à cette occasion m’a donné l’opportunité de tester mes tout nouveaux emporte-pièces feuilles et papillons :
ici c’est juste de la pâte d’amandes, et non de la pâte à sucre. Le résultat est donc bien moins joli, mais conforme à mes attentes pour ce qui est du rendu ! Je suis satisfaite, donc.
En temps venu, promis, je vous montrerai le fruit de mes efforts, en vous dévoilant plus en détail mes recettes, mes manipulations, et mes outils.
A très vite !
Partager
Bon, c’est pas tout ça mais par ces grandes chaleurs, il me semble qu’une bonne petite recette de salade bien fraîche s’impose.
Souvenez-vous, lors de mon récent déjeuner chez Saison j’avais goûté une salade de pommes de terre vraiment très savoureuse, et dans les commentaires vous m’en demandiez la recette. Après avoir soudoyé qui de droit, j’ai pu la tester dans ma cuisine. Verdict : aussi réussie qu’au resto et pour cause, c’est une recette vraiment très, très, simple. C’est très frais, très crémeux, et très fondant.
J’aime ce plat parce qu’au delà de sa confondante simplicité de réalisation, Poteto Sarada (PoteSara pour les intimes), c’est vraiment un plat japonais de tous les jours. Potesara c’est un plat très populaire, du genre de ceux que les enfants attendent avec impatience, et dont les adultes se souviennent avec une larmichette dans les yeux tant elle leur rappelle la cuisine de leur maman. Même si elle est fort probablement adaptée d’une recette occidentale, on touche là à la vraie cuisine japonaise familiale, telle que si peu de gens d’ici l’imaginent, obnubilés qu’ils sont par leurs sempiternels sushi et autres sashimi.
En voici pour vous la recette.
Poteto Sarada (ポテトサラダ – salade de pomme de terre)
Ingrédients (pour 4 personnes) :
2 grosses pommes de terre (type monalisa), ou 4 petites
1 carotte, épluchée
1 demi oignon, émincé très finement
1 demi-concombre (facultatif)
1 oeuf dur
Pour assaisonner :
- mayonnaise de Dijon (je vous aurais bien conseillé la mayonnaise japonaise Kyupi, mais elle est ridiculement chère sous nos latitudes et à vrai dire, je ne la trouve pas terrible… un peu trop sucrée pour moi).
- un peu de moutarde mi-forte
Les concombres japonais sont bien moins longs et épais que les nôtres, mais je trouve que ceux du supermarché bio leur ressemblent un peu :
Si vous utilisez des concombres, il faudra les faire dégorger avant, pour éviter qu’ils ne rendent trop d’eau, et ne détrempent la salade. Pour cela, les couper en rondelles très fines, les saupoudrer d’une cuillère à soupe de sel et attendre qu’ils rendent leur eau. Puis les rincer, les presser dans les mains pour bien en extraire le jus, et les essuyer.
La potesara de Saison (photo ci-dessus) n’en avait pas.
Pendant ce temps, cuire les pommes de terre avec leur peau (cela préservera le bon goût de la pomme de terre). On peut cuire la carotte et l’oeuf dans le même temps.
Une fois cuites, peler les pommes de terre et les réduire en purée, avec une fourchette ou un presse purée. C’est à ce moment là qu’il faut ajouter le demi-oignon émincé, le contact des pommes de terre chaudes les cuira un peu et les rendra plus fondants.
Détailler les carottes, les concombres et l’oeuf dur en petits dés.
Ajouter tout ça à la purée de pommes de terre, et mélanger joyeusement. Ajouter de la mayonnaise pour lier le tout jusqu’à obtenir une texture onctueuse, puis une petite cuillère à soupe de moutarde. Saler, poivrer.
Mélanger à nouveau. Le résultat obtenu doit être très compact, c’est normal. Placer au moins 2h au frigo, servir bien frais avec une petite salade verte et des tomates cerise.
A noter : PoteSara n’est généralement pas servi en tant que plat de résistance (comme on pourrait être tenté de le faire en France), mais en plat d’accompagnement – vous connaissez la passion des japonais pour les multiples petits side dish (nommés okazu, おかず) composant l’ensemble d’un repas. Potesara se prête également avec bonheur à la composition de bentô.
Ah, à propos de bentô !
===============================================
AVIS AUX LECTEURS NICOIS
Mon amie Maho Nakagawa va donner des ateliers de cuisine/bento chez elle ! Vous apprendrez à cuisiner de délicieuses petites choses telles que karaage, tamagoyaki… Maho vous livrera toutes ses techniques !
Le premier cours aura lieu le dimanche 10 juillet, de 10h à 13h.
Prix par personne : 15 euros ingrédients et repas compris.
Adresse : 11 rue Gustave Deloye (06000)
Nombre minimum de participants : 3
Nombre maximum de participants : 5
Si vous êtes intéressé(e), me contacter en privé pour que je vous transmette ses coordonnées.
Partager
Début juin a été organisée au Musée des Arts Asiatiques de Nice une semaine d’activités consacrées à la culture japonaise.
De nombreuses démonstrations et ateliers d’arts traditionnels japonais furent proposés au public au cours de cette semaine. Etant donnée la grande qualité des intervenants, les places étaient fort limitées MAIS ! J’ai réussi à négocier un accès presse auprès du musée, qui m’a généreusement permis d’assister à chacun de ces évènements sans exception, et de les photographier pour publier des compte-rendus sur o-cha !
D’avance, je vous demande de me pardonner pour ma lenteur à publier ces comptes-rendus. Mais… je n’ai pas beaucoup de temps, et je préfère publier une jolie note bien documentée et prendre le temps qu’il faut pour ça, plutôt qu’un compte rendu bâclé mais posté rapidement. Je suis sûre que vous serez d’accord ! :)
Trève de blabla ! J’inaugure donc aujourd’hui le premier d’une longue série de compte-rendus.
Le thème, aujourd’hui, est…
IKEBANA – 生け花
Ikebana (生け花), c’est ainsi que se nomme l’arrangement floral au Japon.
Le terme (formé de 生け, ike = « arranger » ou « mettre », mais aussi « vivant », et 花, bana = « fleur ») signifie littéralement « fleur vivante », « la vie de la fleur »… et donc, par extension, « donner vie aux fleurs ».
Il est à noter qu’un autre nom existe pour Ikebana : 華道 (kadô), terme formé de 華, ka : fleur, et de 道, dō : chemin, voie (plus clairement, le chemin que l’homme doit emprunter pour atteindre la perfection, cette dernière étant le but à atteindre, mais l’important étant le chemin – la voie – et la manière de cheminer).
Vous noterez, d’ailleurs, que d’autres formes d’art japonais voient leur nom se composer avec le suffixe dō, par exemple shoudō (voie de la calligraphie), sadō (voie de la cérémonie du thé), kendō (voie du maniement de sabre), judō (voie de la souplesse), etc.
En ce 8 juin, nous avons donc eu droit à une démonstration donnée par Maître Onda Noriko-san (école Sōgetsu), suivi d’un petit atelier où chacun pouvait confectionner son petit bouquet avant de le ramener chez soi.
Pour ma part, je dois avouer que je n’avais jusqu’alors aucune connaissance précise en la matière. Les quelques photos d’Ikebana que j’avais eu l’occasion de voir par le passé m’avaient donné le sentiment que l’arrangement floral japonais était, disons, un peu plus esthétique, plus subtil et élaboré que celui pratiqué ici en occident.
C’est effectivement le cas. Cela s’explique par le fait qu’au Japon, l’Ikebana EST un Art, à part entière, au même titre que la sculpture ou la peinture le sont chez nous.
Arrivée en premier sur les lieux de la démonstration, j’ai pu échanger quelques paroles avec Onda-san (elle DETESTE le terme sensei :D) et lorsque celle ci m’a demandé si je connaissais les principales différences existant entre Ikebana et un bouquet arrangé à l’occidentale, j’ai été bien en peine de lui répondre quelque chose de sensé.
En fait, figurez-vous donc qu’il y a plusieurs différences fondamentales.
1) L’importance du vase
Dans nos contrées, on se soucie généralement fort peu du vase. Pour peu qu’il puisse contenir des fleurs, qu’il ne soit pas trop moche, on ne lui endemande pas beaucoup plus en l’on s’empressera d’y plonger nos feuilles fraichement cueillies. Mais dans l’Ikebana, le vase est important car c’est le bouquet qui va s’accorder au vase, à sa forme. Ikebana est donc un terme définissant un ensemble, formé par les fleurs ET le vase.
2) L’importance des branchages
Il est relativement rare de voir des branches d’arbres, des branchages secs et noueux, dans les bouquets occidentaux. Mais dans Ikebana, les branches sèches sont aussi importantes que les fleurs elle-mêmes ! Ce sont elles qui, principalement, donnent de la direction, du dynamisme à la réalisation.
3) L’espace vide (yohaku)
Contrairement à nos gros bouquets tous serrés, l’espace vide est très présent dans l’ikebana, et son importance est capitale. Il amène à réaliser des découpes très strictes en enlevant tout ce qui est inutile. Ce qui reste, à la fin, est l’essentiel.
Bien entendu, les créations les plus superbes sont réalisées par de grands maitres d’ikebana, mais pour autant, l’Ikebana laisse la part belle à tous les amateurs.
Néanmoins, comme souvent dans le domaine artistique, il est nécessaire de maîtriser certaines techniques fondamentales avant de donner libre court à sa créativité, car si ces bases ne sont pas maîtrisées, les chances de réussite se trouvent bien réduites…
En faisant des arrangements d’ikebana, les fleurs, les branches et les feuilles doivent être taillées et composées de façon à mettre vraiment en valeur leur beauté naturelle. Pour beaucoup de japonais, chaque fleur évoque un mois particulier de l’année, pour cette raison les compositions d’Ikebana utiliseront systématiquement des fleurs de saison.
Plus que tout autre, l’art floral japonais reflète l’attachement intime du peuple japonais à la nature.
Shintō et rapport à la nature
Les japonais entretiennent avec la nature un rapport privilégié, qu’ils doivent à une tradition religieuse millénaire nommée Shintō, composée d’un ensemble de croyances et de rites (s’accommodant d’ailleurs parfaitement de l’autre religion du pays, le bouddhisme).
Le mot shintō (« Voie des Esprits ») est composé de »shin« (神), kami, esprit, et de (道) »tō« , voie, chemin (cela vous rappelle quelque chose, je suppose ? voir plus haut).
Kami est le nom donné aux esprits vitaux, énergies, forces ou essences spirituelles, à la fois vénérés et redoutés, qui animent l’univers.
Car les kami ne peuplent pas seulement le ciel, ils ont aussi besoin d’un port ou d’un point d’attache terrestre matérialisant leur présence : un sanctuaire ou plus modestement un autel, un objet, un lieu.
- Respect des traditions et de la famille.
- Propreté physique. Les adeptes du shintō lavent leur corps, leur mains et rincent leur bouche très souvent.
- Présence aux matsuri : chaque matsuri est (à la base) un acte d’adoration destiné à honorer le kami et son sanctuaire.
- Et enfin, et surtout, une proximité constante avec la nature.
Car au regard des peuples animistes anciens, les kami n’étaient ni plus ni moins que les forces divines de la nature.
De ce fait, être en contact avec la nature, les plantes, les arbres, les fleurs, c’était être en contact avec les kami. On pensait ainsi qu’en les arrangeant chez soi sous la forme de bouquets, les fleurs pouvaient être utilisées pour inviter les kami chez les hommes.
Mais si, comme on vient de le voir, art floral et croyance shintō sont étroitement liés, c’est pourtant au bouddhisme que l’on doit la naissance de l’Ikebana.
Un peu d’histoire
C’est en effet une coutume chinoise préconisant des offrandes de fleurs sur les autels de temples bouddhistes, offrandes appelées bukka ou kuge, verticales, dirigées droit vers le ciel qui donné naissance au premier bouquet vertical, nommé TATEBANA (précurseur de l’ikebana).
A partir du 9è siècle les compositions florales migrèrent des temples vers les demeures privées des aristocrates.
Au 14 et 15 ème siècle (époque des samurais), un pan entier de la pièce principale des habitations nommé TOKONOMA (sorte d’alcôve) était réservé à l’exposition d’objets d’art, afin de placer ces derniers au centre de l’attention. On ornait le tokonoma d’un kakemono avec une calligraphie, et d’une composition florale.
(source image : http://sanzan.jp)
Le prête Senmu fut le premier à codifier cet art, en préconisant le principe trinitaire Homme/Terre/Ciel, qui est la base de la philosophie bouddhiste, et que l’on retrouve encore aujourd’hui dans presque tous les tyles d’Ikebana : une fleur haute et deux plus basses. Le premier traité d’Ikebana voit le jour (Sendensho), ainsi que la toute première école d’Ikebana (Ikenobo).
C’est à cette période que l’Ikebana commence à prendre forme et à se constituer en tant qu’art indépendant.
Au 19ème siècle, les écoles d’Ikebana sont de plus en plus nombreuses. Les Maîtres d’Ikebana se transmettent alors leur savoir de père en fils, sur des générations, encore jusqu’à nos jours.
Styles principaux au fil des siècles
En passant des autels bouddhiques aux maisons d’habitation, les matériaux floraux utilisés prirent une forme asymétrique.
L »asymétrie est un aspect fondamental de l’esthétique japonaise, qui se fonde sur la nature et plus particulièrement sur les paysages japonais. Le Japon est un pays insulaire, et ses paysages sont généralement asymétriques, avec d’un côté les montagnes, et l’océan ou la plaine de l’autre.
Style rikka
C’est le style le plus ancien, très orné, très formel. Il associe une rigide combinaison d’éléments symboliques fixes (sept ou neuf éléments étaient utilisés) avec des règles techniques extrêmement nombreuses.
(source image : http://danielsannwald.blogspot.com)
Style seika
(Seika, traduit littéralement, signifie « fleurs vivantes »)
Ce style met en scène trois directions (shin : direction centrale, la plus haute, soe : qui bifurque d’un coté, uke : qui bifurque dans la direction opposée) formant un triangle asymétrique, et un espace vide « actif » qui a autant d’importance que les fleurs elles-mêmes. L’angle d’observation revêt une grande importance, car la composition doit donner l’impression d’être issue d’une même tige.
(source image : http://www.k-ikebana.com)
Style nageire
Arrangement de fleurs dans un style libre (« fleurs jetées dedans »). Ce style, qui utilise généralement des vases hauts et étroits, se divise en 2 tendances :
bunjin ike : style libre mis en place par des artistes d’ikebana s’opposant aux formes figées du rikka
chabana : art floral destiné à la Cérémonie duThé.
Dans le Chabana, le vase est précieux. 60% de la valeur artistique de la composition dépend du contenant. En revanche, la fleur et les autres matérieux végétaux doivent être placés dans le vase de façon aussi naturelle que possible, sans artifice. En ce sens, le chabana est très différent de l’ikebana.
L’ikebana valorise la capacité du créateur à utiliser les matériels floraux à sa disposition, sa capacité à courber, couper et façonner les végétaux pour leur donner une certaine forme, et le contenant revêt une importance moindre.
Dans le chabana, l’arrangement floral est réduit au strict minimum. C’est un arrangement vraiment très simple et qui pourtant, fait son effet. Pour cela les japonais ont un terme : wabi, qui désigne « le raffinement dans la simplicité, l’élégance rustique, la noblesse sans la sophistication, la beauté ramenée à sa simplicité première« . Une simple fleur parfaitement disposée dans un vase discret peut l’exprimer.
Style moribana
(Moribana : fleurs entassées)
Dans ce style, on utilise un contenant peu profond (suiban), et les branches sont dispoées librement. Il s’agit d’une approche très libre… on peut y intégrer à peu près tout ce que l’on veut, aussi bien des matérieux naturels (vivants ou secs) que des morceaux de métal, de piere, de verre ou de béton. Il n’y a aucune règle !
Matériel nécessaire
kenzan : support métallique plat et lourd recouvert de pointes verticales sur lesquelles les branches et tiges peuvent être plantées.
shippo : structure métallique assez lourde pour stabiliser les branches d’une certaine grosseur
sécateur japonais : pour les coupes fines,
ainsi que plus généralement : sécateur de jardin, petite scie, fil de fer, ruban adhésif, etc
Pour commencer et s’entrainer, tout type de vase fera l’affaire, mais si vous souhaitez vous essayer au moribana il vous faudra un vase suiban (peu profond).
méthodes
On distingue deux méthodes principales :
- piquer (sasu) les fleurs et les branches dans un kenzan se trouvant au fond du vase,
- Poser et dresser (tateru) les tiges à même le vase.
On coupe surtout avec des ciseaux, parfois avec une petite scie pour les grosses branches. Les ciseaux se trouvent à droite du vase ou de la coupelle. Pour arriver à bien fixer une branche ou une feuille sur le kenzan on coupe les tiges dures en biais, les tiges molles en coupe droite. Les matières peu résistantes sont coupées avec la pointe des ciseaux, les matériaux robustes le sont quant à eux près de l’articulation des ciseaux.
Quelques photos de cette journée
On ne verra jamais très nettement la professeure, ou tout du moins son visage. Non pas que je n’aie pas voulu la photographier, mais simplement, elle m’a dit ne pas trop aimer être photographiée de face et j’ai respecté ce choix.
Chabana dans le pavillon du thé
Mais l’ikebana ne s’apprend pas dans les livres ou sur internet, la pratique est indispensable. Il existe en France de nombreux lieux de pratique où vous pourrez vous former à la voie des fleurs.
Selon Onda-san, « chacun est un artiste avec une branche, s’il sait l’écouter ».
Issue de l’école Sogetsu, Onda-san vit à Nice et donne des cours, chez elle. Je trouve que c’est une chance formidable d’avoir pu travailler avec elle, ainsi qu’un très grand honneur. Lecteurs niçois (je sais que vous êtes nombreux), si ses cours vous intéressent, contactez moi dans les commentaires pour que je vous communique ses coordonnées.
A titre informatif, il vous faudra (selon elle) prendre environ 1 an de cours pour considérer vous y connaitre un peu en Ikebana. Ganbatte ! :D
Partager
Vous connaissez le Yukimi Daifuku. Non ? Allez jeter un coup d’oeil sur la note explicative que j’avais rédigée à l’occasion de Tsukimi.
C’est l’une de mes crèmes glacées préférées, alors lassée d’attendre que le supermarché asiatique de ma ville se décide à en vendre, j’ai voulu savoir si c’était faisable chez soi. Et… ça l’est, et même que c’est drôlement bon !
Lors de ce premier essai, furent tentées une version fourrée de glace au thé matcha ainsi qu’une version fourrée à la vanille. La crème glacée est également faite maison, sans sorbetière. Si vous êtes pressés, une crème glacée du commerce fera très bien l’affaire, je suppose.
Ingrédients :
Pour le mochi (q.s.p. 200 g de glace. Si vous testez comme moi les DEUX parfums de glace, il faut multiplier ces quantités par 2) :
- 60g de shiratamako
- 120g d’eau
- 50g de sucre
- fécule de pomme de terre
Pour la crème glacée au thé matcha :
- 100g de lait
- 100g de crème liquide
- 70 g de sucre
- 5g de thé matcha en poudre
La recette pour la crème glacée vanille est la même, il suffit simplement de remplacer le thé matcha par un peu d’extrait de vanille.
Réalisation :
D’abord, réaliser la crème glacée : battre la crème en chantilly, y ajouter le lait et le sucre. Mettre la préparation 2h au congélateur. Quand la crème commence à prendre, mélanger toutes les 30 mn pendant 4h.
Pendant ce temps, réaliser le mochi selon la méthode habituelle. Saupoudrer le plan de travail de fécule de pomme de terre et étaler le mochi en une fine couche d’un demi-centimètre à l’aide d’un rouleau à pâtisserie.
Découper des carrés de 8-10 centimètre de côté. Laisser complètement refroidir le mochi.
Prélever des boules de crème glacée et les enrober de mochi complètement refroidi (je sais, j’insiste mais c’est vraiment important, sinon la boule de glace à l’intérieur fondra en moins de temps qu’il ne faut pour le dire).
Idéalement, il vaut mieux les servir tout de suite. Mais le yukimi daifuku se congèle bien, il faudra juste attendre un petit peu avant de le déguster, pour que le mochi ne soit pas trop dur.

































































