Postakuisine #5 : okonomiyaki <3
Bon, je crois que vous commencez tous à le savoir, là, mais je vous le dis quand même : quand j’étais petite je dévorais des anime en quantité industrielle.
Je vous l’accorde, ça n’est pas nouveau, mais avec le recul, je me dis parfois que ce minuscule détail aura influencé mon alimentation (entre autres choses) dans les grandes largeurs.
Quand j’étais enfant, donc, je regardais (avec des étoiles dans les yeux) une série animée qui s’appelle 愛してナイト (aishite naito, connu chez nous sous le nom de ‘Embrasse-moi Lucile’).
L’histoire se passait à Osaka.
La jeune Lucille était étudiante le soir, mais dans la journée, elle aidait son père (aka ‘Tonton’), un veuf très bourru et grand amateur d’enka, dans son restaurant le Mambo, lequel avait pour spécialité ce que les adaptateurs français avaient commodément rebaptisé « crêpes », mais qui en fait n’étaient autre que des okonomiyaki, qui attisaient la convoitise du chat roux Roméo (connu pour son célèbre : « mââââow ! ma kwèpe ! »), okonomiyaki qui sont aussi la spécialité d’Osaka, et cette phrase commence a être vachement trop longue, mais je le dis moi-même avant que quelqu’un ne me le fasse remarquer comme ça au moins l’honneur est sauf.
En dépit de ce que vous pouvez croire, je ne regardais pas cette série pour ces beaux éphèbes aux impressionnantes créations capillaires multicolores, ni pour les zistwares d’amour romantikku, et pas non plus pour la musique wokènwol, mais bien pour les délicieuses crêpes que Tonton faisait, et qui me donnaient toujours super faim. Cela m’a donné envie, au moment où je rédigeais cette note, de poster ici une salve de kapturalakon faites aujourd’hui même au bureau (parce qu’alors vraiment, on a rien d’autre à faire quand on travaille au département R&D d’un laboratoire pharmaceutique, que regarder des vidéos d’anime des années 80 et d’en faire des captures d’écran, hein). *même pas honte*
Alors, pour commencer, chapakontent, c’est le moment (tant attendu) du fameux « mââow, ma kwèpe »

c’est alors que Tonton prépare okonomiyaki en jetant tous les ingrédients dans une tasse :

et il le cuit directement sur la plaque chauffante au comptoir, devant les clients (c’étaient toujours les mêmes clients d’ailleurs, le type aux cheveux noirs j’ai oublié son nom, mais le vieux aux cheveux gris, là, il s’appelait Nono mdr).

puis hop hop hop il retourne sa crêpe (avec bien plus de maestria que nous, d’ailleurs)


et voilà ! *bave*

Brèfle, mais pourquoi diable toutes ces disgressions, me direz-vous.
Eh bien pour en venir au fait qu’à cause de toutes ces années passées à regarder ‘Embrasse-moi Lucile’ dans le cadre de ses innombrables rediffs sur toutes les chaînes du paf, quand je fus à Osaka, MON PREMIER REFLEXE fut de dire « Je veux manger okonomiyaki !!! ». C’était obligé-impératif-inconditionnel, d’ailleurs j’ai saoulé mes trois infortunés compagnons de voyage à mort avec ça jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus d’entendre parler de Lucille, de maoooow ma kwèp’ et d’okonomi yaki (le plus incroyable c’est que, sur les 3, un seul seulement avait entendu parler de cette série avant, mais bon, maintenant à cause de ça, il pense sincèrement que je suis obsédée par cette série, ce qui n’est pas mieux en soi ~~).
Le premier soir, on a parcouru en long en large et en travers, par trois fois et dans un froid de gueux, toute une artère commerçante du quartier populaire dans lequel nous résidions, afin de goûter à ce monument de la cuisine japonaise. Hélas il n’y avait point d’okonomiyaki-ya.
En désespoir de cause (en tout cas pour moi, car Tinounours, Shenounet et Katas, sur le point de mourir de froid et d’inanition, ne purent contenir leur joie de se poser enfin quelque part), on a donc mangé kushiage (de kushi = brochettes, age = friture) chez chef-brochettes très sympa avec enka à gogo en fond sonore.
Ci-dessous, chef-brochettes très sympa :

on peut consommer des kushi age à base de toutes sortes d’ingrédients : légumes (asperges, brocoli, pommes de terre), produits de la mer (différentes sortes de poissons, crevettes, poulpe), viandes (bœuf, porc, poulet), fromages… C’était vraiment délicieux (et parfait pour réviser le compteur 本).
Ci-dessous, le o-susume de chef-brochettes très sympa étant une brochette de poulet au miso, je me suis laissée tenter…

et – kyaa – une brochette en forme de cœur ! :3


Bon, d’accord, c’était super (surtout enka), mais pas du tout ce que je voulais car moi, au cas où vous ne l’auriez pas compris, je voulais manger OKONOMIYAKI à Osaka, la ville de Lucile, avec Tonton et Nono.
J’ai donc demandé à Misa-san, la gérante du (merveilleux) ryokan dans lequel on logeait, de m’indiquer une adresse d’okonomiyaki-ya pour le second soir. Par chance, il y avait un juste derrière chez nous !
On y a donc été, c’était un tout pitit restaurant de quartier qui ne payait pas de mine. Et ce fut une soirée fantastique. Parce que, non seulement c’était *exactement* comme dans Lucille (on était attablés au comptoir, avec de grandes plaques électriques devant nous et les okonomiyaki préparés juste sous nos yeux) mais en plus c’était DELICIEUX, mais surtout, surtout, les propriétaires du resto étaient géniaux, vraiment super sympa, très enclins à bavarder et à poser mille questions, et on a discuté avec eux (et avec l’autre couple de clients présents) jusqu’à la fermeture du restaurant.
Quelques photos :
Okonomiyaki-ya no ojii-chan ! <3

Son épouse, super gentille !!!!

Délicieux okonomiyaki pour Shen, Katas et moi (Tinounours avait pris yakisoba).

Avant de partir, j’ai acheté chez eux une sorte de set pour faire okonomiyaki chez soi, set qui contenait farine à okonomiyaki, garnitures diverses (mayonnaise, katsuobushi, aonori, gingembre râpé) et sauce.
Il m’a fallu attendre le mois de Juillet, lors de mon petit voyage à Paris chez Tinounours avec Shen et Chrissou pour Japan Expo, pour qu’enfin j’étrenne mon okonomiyaki mix. Car lors de nos innombrables raids rue Sainte Anne (pour manger des daifukuuu T_T), nous trouvâmes ENFIN de la sauce okonomiyaki !!
Faut dire aussi qu’on avait été manger par deux fois chez ‘Aki’, super petit restaurant japonais dans lequel on peut déguster des okonomiyaki préparés juste devant soi comme au Japon, donc on avait pu prendre des notes techniques et tout.
Et donc, bien sûr, nous avons tout de suite essayé le okonomiyaki mix acheté chez ojii-chan.
On avait ajouté je crois, en plus du chou, des asperges et de l’emmental. C’était délicieux.
Ensuite, tout s’est enchaîné très vite. Vaincue par une okonomiyakite aigue, bien décidée à tout prix à en retrouver la recette moi-même, puisque je n’avais plus de okonomiyaki mix, je me suis mise en quête d’informations.
J’avais trouvé sur un blog un article qui expliquait plus ou moins ce que la farine à okonomiyaki contenait, et partant de là, j’ai mené des essais dans mon laboratoire secret pendant pas mal de temps, en vue d’arriver au mélange parfait.
Plusieurs semaines et beaucoup de tentatives plus tard, je pense pouvoir dire que j’ai atteint ce but. Je suis arrivée à quelque chose de vraiment très proche en termes de texture, d’aspect et surtout de goût ! En plus, entre temps, j’ai eu la joie de découvrir que le supermarché asiatique à Nice vendait de la sauce okonomiyaki, donc plus besoin de monter jusqu’à Paris pour en acheter !
Okonomiyaki est donc devenu un plat de tous les jours, chez moi, alors qu’avant non, et tout ça grâce à Lucile.
C’est cette recette moult fois testée et approuvée que je vais vous présenter ici.
お好み焼き
(OKONOMIYAKI)
(Pour deux crêpes de taille moyenne :)
Ingrédients :
- la pâte de base (ingrédients fixes) :
- 150g de farine de blé (attention : ne pas utiliser de farine fluide)
- 100 ml de dashi liquide (au supermarché asiatique)
- 50g de flocons de pomme de terre (genre purée mousline)
- 2 cuil. à café de levure
- 2 œufs
- 200ml d’eau
- 6 ou 7 feuilles de chou chinois, grossièrement émincées (les feuilles entières, pas juste les bords))
- les variables de garniture :
- champignons de Paris émincé
- asperges vertes coupées grossièrement
- 2 petits oignons émincés
- emmental en lamelles
et/ou ‘tout ce qu’il vous plaira’ d’autre (crevettes, jambon, tomates, cœurs d’artichaut, etc)
- les toppings (garnitures fixes) :
- okonomiyaki soosu (au supermarché asiatique)
- mayonnaise japonaise (notre mayonnaise de Dijon la remplace parfaitement)
- furikake (au supermarché asiatique)
- katsuobushi (flocons de bonite séchée, au supermarché asiatique)
les voici, en plus du dashi, réunis ci-dessous, sur la photo qu’on a prise (…oui, il y a un gag… ~~)

Préparation :
Faire revenir les oignons (« bah, fallait pas les laisser partir ! » ah, humour, quand tu nous tiens – bon c’est bon, y’a le compte là ? ;))

avec les champignons émincés.

Réserver.
Préparer la pâte :

Puis on ajoute les flocons de pomme de terre :

Et enfin le chou.

C’est à ce moment là que vous pouvez ajouter les variables de garniture (champignons et les oignons en ce qui nous concerne). Surtout, ne vous étonnez pas qu’il y ait plus de garniture que de pâte, c’est normal !
Kuwano-san, qui dans Kekkon Dekinai Otoko semble être un spécialiste de l’okonomiyaki, vous le dira : il convient de faire en sorte que la crêpe, une fois abaissée sur la plaque de cuisson (ou dans la poêle) ait une épaisseur de 3 cm. Je la fais un tantinet moins épaisse pour que tout soit bien cuit à l’intérieur.

Il faut attendre que le fond ait bien pris, puis au bout de 5-10 minutes, on retourne (featuring : The Wonderful Technique Ninja de retournage d’omelette avec deux assiettes).
Puis on cuit de la même façon de l’autre côté.

Une fois que c’est cuit, on ajoute, dans l’ordre :
Sauce okonomiyaki, que l’on étale ensuite sur toute la crêpe.

puis la mayonnaise :

Puis on saupoudre d’aonori (enfin, normalement, mais ici j’ai mis du furikake, car pas trouvé d’aonori dans mon supermarché asiatique).

Et enfin katsuoboshi :

(il s’agit de flocons de bonite séchée, si fins et si légers que la chaleur dégagée par la crêpe les fait se tortiller dans tous les sens pendant super longtemps, c’est super rigolo à voir).

Et… Itadakimaaaaasu ! *____*

Vu de près… super miam !!!

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koala85
Je suis italienne et mon français n’est pas trop bon…mais je voudrais quand meme laisser un…commentaire,pour trois raisons:1)J’adore les animes, et j’ai vu cet anime quand j’étais petite. Ici en Italie il s’appelle ‘Kiss me Licia’(Licia c’est la traduction italienne de Lucile), et nous avons eu le meme problème pour la traduction du mot ‘okonomiyaki’:les adaptateurs l’ont commodément rebaptisé « polpetta ».
2)J’envie ton voyage en Japon!^^
3)Je voudrais t’inviter chez mon LJ, qui est en anglais et en italien…
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ichi_san reply on 28 janvier 2008 9:38:
Grazie mille ! Ca me fait très plaisir !
D’abord, félicitations, ton français est très très bon ! *_*
Je comprends bien l’italien parceque j’habite à Nice, tout près de la frontière, mais j’aimerais bien le parler aussi bien que tu parles le français ! ^__^
Oui, je crois que « Kiss me Licia » a été très populaire en Italie, vous avez même eu droit à une série live avec Cristina d’Avena, n’est-ce pas ?
Merci beaucoup de lire mon LJ ! Tu peux bien sûr m’ajouter à ta liste d’amis, je ferai de même.
Ciao ! =D
[Reply]
koala85 reply on 29 janvier 2008 14:29:
Merci beaucoup de lire mon LJ ! Tu peux bien sûr m’ajouter à ta liste d’amis, je ferai de même.
Oui, d’acord!^^
Et oui, il y a, en Italie, la série avec Cristina D’Avena, et je dois admettre que je l’adorais…Et puis J’ai toute la série ‘manga’. La trame est vraiment différent de la série télévisive…
[Reply]