Le restaurant Yamato à Aix-en-Provence
Après être passés devant ses murs un nombre incalculable de fois, après avoir rêvassé sans fin devant sa carte, c’est par une délicieuse journée ensoleillée que nous nous décidâmes enfin à tester le restaurant Yamato, situé dans la jolie ville d’Aix-en-Provence.
Ce restaurant est une référence en termes de gastronomie japonaise, il est, réellement, l’une des meilleures adresses de cuisine nippone dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur toute entière. Pour cette raison il ne désemplit pas, et il faut normalement réserver très longtemps à l’avance.
Autant vous dire que ce jour-là, nous avons eu beaucoup de chance. :)

L’établissement se veut très discret, il n’y a pas d’enseigne.
Le restaurant Yamato se trouve dans une jolie maison un peu ancienne, séparée d’une avenue très passante par un fin rideau de bambou, et par un grand jardin…
Le seul « signe extérieur » indiquant le restaurant se trouve être sa carte, apposée sur l’un des murs, et le noren sobre surplombant le portail d’entrée.
Bon signe : il est justement indiqué sur cette carte que le restaurant a reçu le label « Sakura » (ce label est décerné par le très sélect comité d’évaluation de la cuisine japonaise, aux restaurants japonais officiant dans le plus strict respect de la cuisine japonaise authentique).

Nous franchissons donc le portail, puis un long ponton de teck, et là – tout à coup – on change d’univers.
L’Okami-san (Madame Yuriko Someya), vêtue d’un kimono d’intérieur, d’un joli obi à fleurs et chaussée de geta, nous a gentiment accueillis et nous a indiqué notre table. Le Chef, Koji Someya, officie en cuisine et nous ne le verrons pas.

Nous déjeunerons donc sous une véranda ensoleillée, donnant sur la terrasse en teck et surplombant un joli jardin japonais.

Mais il faut savoir qu’il existe aussi une salle privative traditionnelle en sous sol, où l’on mange déchaussé, avec tables basses et sol en tatami. Elle peut être réservée pour 50 euros, à partir de quatre personnes.
Le décor est sobre mais élégant, la vaisselle à la fois simple et esthétique.

Are ? Okami-san me donne une carte sans les prix ! A la lecture de la carte destinée à ces messieurs, on comprend vite pourquoi : le restaurant Yamato est très, très cher.
Nous décidons de tester le menu découverte (48€ quand même >< !), menu qui comprend :
« L’amuse-bouche
SUSHI ou SASHIMI
MISOSHIRU (soupe) ou CHAWANMUSHI
TEMPURA de crevettes / poissons / légumes
Poulet grillé – caramélisé comme un YAKITORI
Dessert selon Satoshi et Koji »
combiné à d’autres éléments choisis à la carte.
Voici donc mes impressions (car bien évidemment j’ai goûté à TOUT).
L’amuse-bouche : c’était un délicieux bouillon chaud dans lequel baignaient des soba, le tout joliment présenté dans un verre en grès. Je n’ai pas pris de photo, visuellement ça n’avait rien d’exceptionnel.
Puis sont arrivés les sushi du menu :

Frugal, certes. Mais absolument délicieux. Riz de qualité, poissons ultra-frais rigoureusement sélectionnés, et le juste dosage de wasabi. Ces sushi fondaient littéralement dans la bouche ! Quand je pense à ceux (mauvais) que j’ai goûtés récemment au Zen comparés à ceux-là, j’ai envie de dire hahaha.
Le chawanmushi du menu (légumes / champignons / crevette / poulet)

Un régal ! C’était la première fois que je dégustais un chawanmushi, et il était d’une finesse ! Ce plat m’a charmée, c’est une recette que compte tester chez moi très, très bientôt.
Tenpura de crevettes / poissons / légumes

Bien que peu copieux (^^;) ces tenpura étaient légers comme l’air, et tout à fait exquis : les légumes étaient croquants, leur saveur tout comme celle de la crevette n’avait pas été altérée par la friture, et la texture en bouche des aliments était parfaite.
Poulet grillé – caramélisé comme un YAKITORI

Je n’aime pas particulièrement le poulet, et il est extrêmement rare que j’en mange, mais cette préparation a failli, l’espace d’un instant, me réconcilier avec la volaille. Délicieuse, délicieuse sauce que voilà, et le poulet était tendre et fondant.
Okonomiyaki aux fruits de mer (à la carte, 13€) :

C’était bon, mais – rah – il faut bien que je le dise, ceux d’Aki sont quand même meilleurs.
UONABE poissons, fruits de mer / légumes pochés dans son bouillon, sauce à la Pistache et Ponzu (à la carte, 39€)
Bon alors là c’est simple, j’étais tellement subjuguée que j’ai complètement oublié de faire une photo. Uonabe (littéralement « casserole de poissons ») est une sorte de fondue de la mer, où tout est sain, savoureux, et en parfait équilibre avec le reste. Le nabe, posé au centre de la table et chauffé au moyen d’un réchaud, contient un bouillon à base de konbu, dans lequel vont cuire les morceaux de poissons, puis les légumes qui les accompagnent. Okami-san, arrange tout, s’affaire autour de nous, nous montre comment retirer l’écume, qui gâcherait le goût du bouillon dans lequel cuisent les aliments. La grande fraicheur de ceux-ci (divers poissons, grosses crevettes, saint-jacques, tôfu, petits légumes) et la sauce exquise qui les accompagnait ont fait de la dégustation de ce plat un véritable moment de bonheur.
LES DESSERTS :
Manjuu chocolat, glace au poivre

Une vraie merveille que ce dessert.
Le manjuu était tiède, gorgé de chocolat crémeux et coulant. Divin ! Quant à la glace au poivre, elle se mariait parfaitement avec le manjuu, apportant la juste note – un peu épicée mais pas trop – pour sublimer parfaitement l’intensité tout en douceur du chocolat.
Crème brûlée au thé vert

Je l’avoue, bien que grande consommatrice de thé vert, je ne suis pas une grande fan de macha en tant que boisson (je le trouve trop amer).
Il faut croire qu’en dessert le macha prend une tout autre dimension, car j’ai eu un énorme coup de cœur pour cette préparation, à la saveur végétale très subtile. A tester aussi, donc !
Glace à la vanille sur une pomme au four à la cannelle

Rien d’extraordinaire à priori, si ce n’est l’excellence de la crème glacée à la vanille, qui mit fin plus qu’agréablement à un repas féérique.
Les portions peuvent sembler frugales, mais je vous assure bien qu’on est pas ressortis de là avec la faim au ventre. On avait plutôt cette agréable sensation de satiété tout en légèreté, similaire à celle que l’on éprouve en partant de chez Amada à Nice.
Bien sûr, il a fallu que je teste les toilettes (oui, les toilettes d’un restaurant pour moi c’est capital).
Je vous avais déjà parlé de mon extase devant celles de Dame Nature, à Saint Laurent du Var, vous vous souvenez ? Eh bien, celles de Yamato pulvérisent allègrement tous les records de classe. On est conduit par un ascenseur (!) dans un espace de pureté et de confort absolu. A l’intérieur des WC (hyper design), se trouvent de petits paniers de bambous, des serviettes chaudes et de la musique douce.
Au niveau des lavabos (éblouissants de propreté), on peut apercevoir la cave à vins à travers un mur de verre. Il n’y avait pas de savon dans le pousse-mousse à savon, mais un liquide clair et délicatement parfumé à la place. Soit, j’essaie. Et je remarque en retournant à ma table que mes mains sont devenues douces comme la soie. Surprise, j’interroge Okami-san, qui me révèle qu’il s’agit de thé ! Et oui, chez Yamato on se lave les mains au thé, et ça le fait ! (Enfin bon, pour l’hygiène par contre c’est pas tout à fait ça, j’espère que le chef et les serveurs utilisent autre chose, hein, nierk)
La seule petite note désagréable (il en faut bien une) : nous avions demandé une carafe d’eau plate en guise de boisson, et en effet, de l’eau nous a été servie dans une sorte de pichet (design certes, mais absolument décapsulé). Or au moment de l’addition nous nous sommes vus facturer une bouteille d’eau minérale pour la bagatelle de 6€ (en provenance du Japon, l’eau minérale, ou quoi ?).

Alors bon, OUI, c’est sûr que pour ce prix-là, avec les tarifs bons plans de la SNCF, on aurait carrément pu se prendre des aller-retours pour Paris et aller dans n’importe quel restaurant de la rue Sainte-Anne pour manger davantage (je n’ai pas dit « mieux », vous noterez), et ‘achement moins cher.
Oui c’est sûr. Mais il faut le dire, déguster une cuisine aussi raffinée dans de tels lieux confine à la magie. Et un peu de magie, ça fait aussi du bien quelque fois dans ce monde de brutes.
Et vraiment, il aurait été trop dommage que de grands amoureux de cuisine japonaise tels que nous ne testent pas cette adresse, ne serait-ce qu’une seule fois dans notre vie.
Restaurant Yamato
http://www.restaurant-yamato.com
21, Avenue des Belges
13100 Aix en Provence
Tél : 04 42 38 00 20
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Shen
Il me semble bien que l’eau venait du Japon, oui. Je m’étais dit « c’est quand même classe, même l’eau du robinet ils la servent dans une bouteille japonaise ! » avant de voir la facture ~~
Et je confirme que c’était vraiment très bon, avec des plats traditionnels préparés à la perfection, et des choses un peu plus originales pour les desserts tout aussi délicieux.
J’ai hâte de goûter le chawanmushi fait maison !
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Chay
malheureuse!!! on ne mange jamais de sushis au zen!!! (j’en ai fait les frais aussi :s) presque de quoi me degouter de ca… je ne suis jamais retournée dans ce restau.. le seul truc qui m’ai plu c’est le petit jardins que l’on traverse avant d’aller aux toilettes(comment on fait quand il pleut?)
il a vraiment l’air bien ce restau.. mais malheureusement pas adapté a ma bourse encore…
Pour moi aussi les toilettes sont trés importants!
Alors l’eau minérale japonnaise elle a quel gout? ^_^
j’attend la recette du chawanmushi ! :D
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Tiuscha
J’en ai beaucoup entendu parler, ne reste plus qu’à trouver un compagnon de table car LUI n’apprécie guère…
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Edith
Ma fille et mon fils sont des fanas du lieu, c’est cher certes mais on peut aussi déjeuner ou diner « sur le pouce » au comptoir et en plus on peut rapporter à la maison dans de jolies boites les restes non consommés, un plus non!!!
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Olala
Ayé !! J’ai eu la grande chance de tester moi aussi :)
Je mets un descriptif sur cette expérience uniquement sur mon blog cet après midi !!
Bises
Olala
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arlavor
Ouah, ça a l’air super bon tout ça! Ca me donne encore plus envie d’aller tester ce restaurant et de tester plein de plats. Mais c’est un peu cher pour moi vu que je suis toute seule (c’est pas drôle d’aller au resto tout seul) et je n’ai pu tester que le Geisha pour l’instant.
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Ena
C’est vrai que ce restaurant à l’air alléchant, et ton article donne l’eau à la bouche.
J’aimerai juste savoir, tu dis que les Okonomiyaki sont meilleurs chez Aki. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y goûter, mais on m’a dit que ceux de Aki étaient très différent de ceux qu’on peut trouver au Japon, dans les millions de merveilleux restaurants consacrés aux Okonomiyaki.
Donc je n’ose pas trop y aller par peur d’être déçue. A tord ou à raison ?
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Laurie reply on 21 janvier 2011 11:44:
J’ai trouvé les okonomiyaki absolument délicieux chez Aki.
Bien meilleurs, d’ailleurs, que ceux de Yamato.
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